Emplois d’avenir : le mauvais casting du gouvernement

Casting

Des emplois d'avenir pour qui ?

Des postes pour des jeunes

Le gouvernement Ayrault prévoit de subventionner des emplois sur une durée de 1 à 3 ans à hauteur de 75% pour créer 150.000 postes à destination de jeunes peu ou pas qualifiés âgés de 16 à 25 ans.

Des postes pour le secteur non marchand

Toutefois, à l'instar des emplois jeunes de Martine Aubry en 1997, ces contrats seront réservés au secteur non marchand, à savoir les associations et les sociétés mutualistes avec, à la marge, quelques emplois dans le secteur privé de l'aide à la personne.

Des secteurs géographiques bien définis

De plus, ces emplois seront circonscrits géographiquement sur des secteurs tels que des quartiers en difficulté ou des zones rurales enclavées.

Une grave erreur de casting de la part du gouvernement

Un traitement social de la question du chômage des jeunes…

Disposer d'un emploi, et donc d'un revenu, pour des jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas qualifié relève de la gageure. Au-delà des questions à soulever sur un système éducatif qui "produit" chaque année 120.000 échecs scolaires de cet ordre, il est légitime de vouloir insérer cette génération dans la société, par l'emploi.

Pour autant, le gouvernement adopte en l'occurrence une vision dogmatique, comptable et de court terme, en sollicitant des secteurs sans réels besoins et économiquement (sinon socialement) improductifs. Nul doute que 150.000 postes seront trouvés et que l'argent sera dépensé. Mais à quelle fin ? Pour apprendre quel métier ? Dans quelle perspective, à la fois pour les structures bénéficiaires, mais aussi pour les jeunes ?

Disposer d'un revenu sur une période de 1 à 3 ans ne saurait constituer une fin en soi, ce d'autant que nous savons très bien que ces échéances n'ont que très peu de chances de correspondre au rétablissement d'une situation économique qui permettrait le retour de ces jeunes sur le marché de l'emploi dans le secteur marchand.

…au détriment d'une insertion professionnelle de long terme

En sollicitant le secteur non marchand, le gouvernement commet en conséquence une grave erreur de casting et se prive de perspectives d'insertions professionnelles de long terme telles que celles que peuvent proposer des entreprises.

Les TPE comme solution

Les atouts des TPE pour participer au traitement de long terme du chômage des jeunes

Le maillage du territoire

Le maillage du territoire assuré par les 2,5 millions de TPE autorise des emplois de proximité, y compris dans les zones géographiques définies par le gouvernement

Leur savoir faire en matière de formation

En leur qualité de premières utilisatrices de contrats de formations ciblés sur les jeunes, les TPE disposent d’un savoir-faire en matière de transmission des connaissances

Leurs besoins de recrutement

La sensibilité des TPE au coût du travail et les déficits de postes pourvus dans certains secteurs (restauration, bâtiment) assurerait le succès d’un dispositif visant moins au traitement social du chômage des jeunes qu’à leur insertion professionnelle de long terme

Le SDI formulera ses propositions dans le cadre du débat parlementaire à intervenir en septembre.

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