État des lieux des TPE – Trimestre 2 2026

Une activité qui continue de se dégrader

Le deuxième trimestre 2026 confirme l’enlisement économique des très petites entreprises. Près de 65 % des dirigeants constatent une baisse de leur chiffre d’affaires, tandis que 70 % enregistrent une diminution de leur marge nette. À l’inverse, seuls 10 % observent une progression de leur activité.

Cette détérioration de l’activité traduit un essoufflement durable de la demande et fragilise directement les capacités de financement des entreprises. Les TPE apparaissent aujourd’hui davantage engagées dans une logique de préservation que dans une dynamique de croissance.

Des trésoreries sous tension et une visibilité réduite

Les difficultés financières demeurent particulièrement préoccupantes. 61 % des dirigeants déclarent une dégradation de leur trésorerie et une entreprise sur deux fait face à des problèmes de trésorerie, dont 18 % les jugent importants.

Plus inquiétant encore, 38 % des dirigeants disposent de moins de trois mois de visibilité financière, tandis que 12 % rencontrent déjà des difficultés immédiates pour faire face à leurs charges.

Les principaux facteurs identifiés sont la baisse du chiffre d’affaires (68 %), les cotisations sociales sur les salaires (52 %), les cotisations personnelles (47 %) ainsi que le poids de la fiscalité (43 %).

Une crise de confiance qui s’installe durablement

Au-delà des indicateurs économiques, le baromètre révèle une profonde dégradation du moral entrepreneurial. 74 % des répondants expriment un sentiment négatif quant à leur capacité à développer leur activité au second semestre 2026, tandis que 97 % considèrent que la France traverse actuellement une crise économique.

Cette défiance se retrouve également dans l’état d’esprit des dirigeants : 91 % affichent aujourd’hui un ressenti négatif, et un chef d’entreprise sur deux déclare subir un stress élevé et permanent.

L’enquête met ainsi en évidence une crise qui dépasse désormais le seul cadre économique pour toucher directement la capacité des dirigeants à se projeter, investir et entreprendre.

Un risque de cessation d’activité toujours élevé

La fragilité des TPE se traduit également par un niveau préoccupant de renoncement entrepreneurial. 34 % des dirigeants envisagent aujourd’hui une cessation d’activité.

Si ce niveau demeure légèrement inférieur au pic observé au premier trimestre, il reste particulièrement élevé et témoigne d’une persistance des difficultés rencontrées par les petites entreprises.

Cette situation illustre l’extrême vulnérabilité d’une partie du tissu économique de proximité, dont les marges de manœuvre continuent de s’amenuiser.

Fiscalité, charges et accès au financement : les principaux freins identifiés

Les chefs d’entreprise continuent de dénoncer un environnement économique jugé excessivement contraignant. 93 % considèrent que le niveau global de fiscalité pesant sur leur entreprise est élevé ou très élevé, les cotisations sociales demeurant les prélèvements les plus pénalisants.

Parallèlement, 69 % estiment que les conditions d’accès au crédit se sont durcies au cours des derniers mois et 37 % déclarent subir des frais bancaires liés à leurs difficultés de trésorerie.

Ces résultats alimentent le sentiment d’une double contrainte : une activité en recul couplée à des charges fixes toujours plus difficiles à absorber.

Une dynamique d’embauche en net ralentissement

Dans un contexte marqué par l’incertitude, les intentions de recrutement demeurent particulièrement faibles. 87 % des dirigeants ne recherchent actuellement aucun salarié, tandis que seulement 13 % sont engagés dans une démarche de recrutement.

Pour les entreprises souhaitant embaucher, les principaux obstacles restent le manque de candidats (82 %), le niveau des charges salariales (51 %) et la situation économique (35 %).

Les dirigeants identifient clairement leurs priorités : 40 % réclament une baisse des charges sociales et le reste appellent à davantage de visibilité économique afin de retrouver des capacités d’investissement et de recrutement.

Un besoin croissant de souplesse dans l’organisation du travail

Les dirigeants aspirent fortement à disposer de davantage de marges de manœuvre pour adapter l’organisation du travail aux réalités des TPE. 67 % considèrent que le cadre actuel du temps de travail est peu adapté ou pas du tout adapté aux petites entreprises, tandis que 88 % se déclarent favorables à une validation directe des accords relatifs au temps de travail par les salariés dans les TPE.

Ces résultats traduisent une attente de flexibilité accrue, perçue comme un levier de compétitivité, de simplification et d’attractivité dans un contexte économique marqué par l’incertitude et la difficulté à recruter.

Retraite : entre liberté de poursuivre son activité et insuffisance des pensions

Le rapport à la retraite demeure marqué par une forte volonté d’autonomie.

91 % des dirigeants se déclarent favorables à davantage de liberté pour poursuivre une activité professionnelle après l’âge légal de départ, témoignant d’une conception plus souple et individualisée de la fin de carrière.

Cette poursuite d’activité répond toutefois également à des contraintes économiques : parmi les dirigeants ayant atteint leurs annuités de cotisation, 35 % continuent de travailler en raison d’une pension jugée insuffisante. De fait, 91 % estiment que le niveau de cotisations sociales des indépendants n’est pas justifié au regard de la protection sociale dont ils bénéficient.

Ces résultats illustrent un double enjeu pour les indépendants : préserver la liberté de travailler au-delà de l’âge légal tout en améliorant l’adéquation entre effort contributif et niveau de protection sociale.

Une fragilisation croissante des dirigeants eux-mêmes

L’enquête confirme enfin une réalité souvent méconnue : les difficultés économiques des TPE se répercutent directement sur la situation personnelle de leurs dirigeants.

52 % des chefs d’entreprise perçoivent une rémunération inférieure au SMIC, tandis que 16 % déclarent disposer de moins de 500€ de revenus mensuels.

Ces chiffres témoignent d’une dégradation persistante des conditions de vie des indépendants et interrogent la soutenabilité du modèle entrepreneurial pour une partie importante des dirigeants.

Une attente forte de simplification et de reconnaissance

Face à ces difficultés, les dirigeants expriment des attentes convergentes. 85 % jugent la charge administrative lourde ou très lourde, et plus de huit sur dix considèrent qu’elle s’est accrue ces dernières années.

La simplification administrative, l’allègement des charges et une meilleure visibilité économique apparaissent ainsi comme les principaux leviers susceptibles de restaurer la confiance des entrepreneurs, de soutenir l’investissement et de redonner des perspectives aux très petites entreprises.

Présidentielle 2027 : des dirigeants mobilisés, mais en attente d’une réponse politique

À l’approche de l’élection présidentielle, les dirigeants de TPE apparaissent fortement mobilisés. 68 % ont déjà commencé à suivre la campagne, dont 28 % assidûment, 86 % déclarent qu’ils la suivront avec attention et 87 % prévoient d’aller voter. Les indépendants constituent ainsi un électorat particulièrement attentif aux programmes et aux réponses apportées aux réalités de l’économie de proximité.

Cette mobilisation s’accompagne toutefois d’une forte défiance à l’égard de l’offre politique actuelle. 40 % des répondants estiment qu’aucun candidat n’est, à ce stade, à la hauteur des enjeux du pays et des problématiques des TPE. Seuls 30 % identifient au moins une candidature susceptible d’y répondre, tandis que 30 % ne parviennent pas encore à se prononcer. Cette indécision traduit moins un désintérêt qu’une attente de propositions concrètes, crédibles et adaptées à leur quotidien.

Le message adressé aux candidats est particulièrement clair : pour 56 % des dirigeants, la réduction du coût du travail doit constituer la priorité de la prochaine présidentielle, très loin devant la simplification administrative et la sécurité, citées chacune par 15 %. L’enjeu dépasse la seule baisse des charges : il s’agit de redonner aux TPE les moyens d’investir, de recruter et de mieux rémunérer dirigeants et salariés. L’amélioration du pouvoir d’achat qui en résulterait permettrait de soutenir la consommation et d’enclencher un cercle vertueux au bénéfice de l’ensemble de l’économie de proximité.

Conclusion

Le baromètre du deuxième trimestre 2026 révèle des TPE toujours résilientes, mais profondément fragilisées par le recul de l’activité, l’érosion des marges et l’accumulation des charges. À l’approche de l’élection présidentielle, leurs dirigeants attendent désormais des réponses concrètes, en priorité sur le coût du travail, la simplification et la visibilité économique. Leur forte mobilisation électorale montre que les TPE entendent peser pleinement dans le débat et faire de l’économie de proximité un enjeu central de 2027.

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