Présentée comme un levier de simplification, la facturation électronique est pourtant déjà perçue par les dirigeants de TPE comme une nouvelle source de complexité administrative.
Selon le dernier Baromètre des TPE du Syndicat des Indépendants (SDI), réalisé auprès de 1 076 dirigeants, 43 % identifient cette réforme comme le premier facteur de complexité administrative, devant le droit du travail (18 %), la fiscalité (17 %) et les cotisations sociales (16 %). Plus largement, 85 % des dirigeants jugent la charge administrative lourde et 83 % estiment qu’elle s’est encore alourdie ces dernières années.
La publication de la liste des plateformes de dématérialisation partenaires (PDP), nouvelle étape de la généralisation de la facturation électronique, intervient donc dans un climat de forte défiance des petites entreprises, non pas à l’égard de la transition numérique elle-même, mais de la manière dont elle est mise en œuvre.
Pour Marc Sanchez, secrétaire général du SDI :
« Le sujet n’est pas d’être pour ou contre la facturation électronique. Les dirigeants de TPE savent parfaitement que la transition numérique est inévitable. En revanche, ils ne comprennent pas pourquoi chaque réforme présentée comme une simplification se traduit, dans leur quotidien, par de nouvelles procédures, de nouveaux logiciels, de nouveaux interlocuteurs et de nouvelles obligations. »
Il poursuit :
« Une réforme n’est pas simple parce qu’elle est numérique. Elle est simple lorsqu’elle permet à un entrepreneur de consacrer davantage de temps à son activité qu’à son administratif. Aujourd’hui, c’est précisément l’inverse que redoutent les chefs de petites entreprises. »
Pour le SDI, la facturation électronique dépasse le seul cadre d’une réforme fiscale. Elle interroge la manière dont sont aujourd’hui conçues les politiques publiques à destination des petites entreprises.