La Banque de France confirme que la médiation du crédit permet d’apporter une solution à près de deux entreprises sur trois lorsque les dossiers sont éligibles. Mais son propre rapport met également en évidence une réalité beaucoup plus préoccupante : moins d’une demande sur deux est aujourd’hui recevable et le nombre d’entreprises arrivant avec une situation financière déjà trop dégradée continue d’augmenter.
« Ces chiffres montrent que le sujet n’est plus de faire connaître la médiation du crédit. Ils montrent qu’il faut changer de cap. Lorsqu’une entreprise sollicite la médiation alors qu’elle est déjà au bord de la cessation des paiements, le problème n’est plus la qualité du dispositif, mais le moment où il intervient. », déclare Marc Sanchez, secrétaire général du SDI.
Pour le Syndicat des Indépendants, cette évolution confirme que le principal obstacle rencontré par les TPE est le temps.
Entre les premières tensions de trésorerie et la cessation des paiements, quelques semaines suffisent parfois. Pendant cette période, le dirigeant tente de sauver son activité, de payer ses salariés, de préserver ses clients et de négocier avec ses fournisseurs. Dans ces conditions, engager une procédure administrative, aussi utile soit-elle, intervient souvent lorsque toutes les autres solutions ont déjà échoué.
« Les TPE ne manquent pas d’information. Elles manquent de temps. »
La Banque de France souligne elle-même que les situations financières trop dégradées constituent désormais la première cause d’inéligibilité à la médiation. Pour le SDI, ce constat appelle une évolution profonde de la logique d’intervention.
L’objectif ne doit plus être d’attendre que le chef d’entreprise demande de l’aide, mais de détecter les difficultés dès les premiers signaux faibles : incidents bancaires, retards de cotisations, alertes des experts-comptables ou tensions de trésorerie.
« Si près de six entreprises sur dix trouvent une solution lorsqu’elles sont prises en charge, alors tout l’enjeu est de les accompagner avant qu’il ne soit trop tard. C’est sur cette détection précoce que doivent désormais porter les efforts. »
Le SDI appelle ainsi la Banque de France, les banques, les organismes sociaux et les professionnels du chiffre à construire un dispositif d’alerte plus précoce, adapté à la réalité des très petites entreprises.