Les annonces du Premier ministre en Gironde constituent une première réponse nécessaire pour les territoires touchés par les incendies. Mais pour le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI), elles ne répondent pas à l’urgence économique immédiate des entreprises sinistrées, alors que la fréquentation touristique a chuté jusqu’à 50 % cet été dans certaines zones.
« Les mesures annoncées par le Premier ministre sont utiles pour reconstruire les territoires, mais elles ne suffiront pas à sauver les entreprises si elles ne peuvent pas tenir économiquement les mois qui viennent. Une saison amputée de moitié, c’est une trésorerie détruite pour des milliers de TPE déjà fragilisées », alerte le SDI.
Dans les zones touchées, commerces, restaurateurs, hébergeurs, artisans et indépendants subissent de plein fouet cette baisse d’activité au moment même où la saison estivale devait permettre de reconstituer les marges et la trésorerie. Or les différents Baromètres du SDI montrent que les TPE abordaient déjà cette période dans une situation dégradée, marquée par une baisse du chiffre d’affaires, une érosion des marges et des tensions fortes sur la trésorerie.
Une saison perdue peut désormais signifier une entreprise perdue.
Le SDI appelle donc à compléter les mesures gouvernementales par un véritable plan de survie économique des TPE sinistrées, fondé sur un principe central : zéro avance de trésorerie pour les entreprises touchées par les incendies.
Cela implique notamment :
• une indemnisation accélérée des assureurs incluant les pertes d’exploitation ;
• des exonérations fiscales et sociales automatiques pour les entreprises sinistrées ou contraintes de fermer ;
• un accompagnement financier maintenu jusqu’à la reprise effective de l’activité ;
• une simplification des dispositifs pour garantir un accès immédiat aux aides.
« Les 12 millions d’euros annoncés permettent d’engager la reconstruction matérielle, mais ils ne répondent pas à la question centrale : comment une entreprise survit-elle sans chiffre d’affaires pendant plusieurs mois ? L’enjeu n’est plus seulement de reconstruire les bâtiments, mais d’éviter une vague de disparitions d’entreprises pourtant viables avant les incendies », souligne le SDI.
Pour le syndicat, la réponse publique doit désormais intégrer pleinement la dimension économique de la crise : après l’urgence du feu, l’urgence de la survie des TPE.