Comment améliorer le pouvoir d’achat des salariés sans demander aux très petites entreprises de supporter une nouvelle augmentation de leurs charges ? Pour le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI), cette question doit désormais être au cœur du débat sur les rémunérations.
Le pouvoir d’achat constitue un enjeu économique majeur pour les entreprises de proximité, dont l’activité dépend directement de la consommation des ménages. Dans la dernière enquête trimestrielle du SDI, 91 % des dirigeants interrogés déclarent constater une baisse de la consommation de leurs clients.
Les TPE ont donc tout intérêt à ce que les salariés disposent de revenus plus élevés. Mais elles ne peuvent plus être systématiquement sollicitées pour financer cette amélioration.
Depuis 2020, le SMIC a augmenté de plus de 21 % à travers douze revalorisations successives, entraînant également des ajustements dans les grilles salariales. Dans le même temps, les entreprises ont dû absorber la hausse de leurs coûts d’exploitation et une conjoncture économique dégradée.
Pour le SDI, le débat doit désormais porter sur les moyens d’augmenter la rémunération nette des salariés sans accroître mécaniquement le coût du travail.
Le rapprochement du salaire brut et du salaire net, la structure des prélèvements sociaux ou encore l’organisation et la rémunération du temps de travail constituent autant de pistes qui doivent pouvoir être examinées.
Il ne s’agit pas d’opposer les salariés aux employeurs, mais de reconnaître une réalité économique : une entreprise dont les marges se réduisent ne peut indéfiniment financer seule les réponses apportées à la question du pouvoir d’achat.
Marc Sanchez, secrétaire général du SDI, déclare :
« L’État demande une fois encore aux entreprises de financer la paix sociale. Depuis 2020, le SMIC a augmenté de plus de 21 %, avec des conséquences sur l’ensemble des rémunérations. Pourtant, les dirigeants de TPE sont les premiers à souhaiter une amélioration du pouvoir d’achat. Quand 91 % d’entre eux constatent une baisse de la consommation, ils savent combien le revenu disponible des ménages conditionne leur propre activité.
Mais les entreprises ne produisent pas davantage d’argent magique que l’État. À cette différence près que ce dernier peut lever l’impôt.
Il est temps d’ouvrir une véritable discussion sur le salaire net, les prélèvements qui pèsent sur le travail et les moyens de mieux rémunérer les salariés sans compromettre l’emploi ni la pérennité des entreprises.
Les TPE ne refusent pas l’augmentation du pouvoir d’achat. Elles refusent d’en être systématiquement les seules financeuses. »