Sécurité : Une montée de l’insécurité qui ne remet pas en cause la confiance dans les forces de l’ordre
Une dégradation des conditions de sécurité dans leur travail pour 44% des personnes interrogées
Quel que soit le secteur géographique retenu, de la commune rurale aux métropoles, 44% des personnes interrogées déclarent noter une dégradation des conditions de sécurité dans leur activité quotidienne.
Pour 69% d’entre eux, ce phénomène est en augmentation au cours des 6 dernières années, soit la durée d’un mandat municipal.
Enfin, 60% des professionnels de proximité ont déjà été témoins d’incivilité à divers degrés dans l’exercice de leur activité.
Les vols ou tentatives de vol, ainsi que les agressions verbales figurent en tête des items d’insécurité constatés.
Une confiance élevée dans l’action des forces de l’ordre
Face à ces évènements, les professionnels de proximité sont réactifs puisque 65% d’entre eux engagent une action auprès des services de police sous forme de plainte ou de signalement.
Il convient de noter dans ce cadre que 46% des répondants sont satisfaits de la réactivité des forces de l’ordre.
La minorité qui n’engage aucune démarche estime manquer de temps pour ce faire ou encore que l’incivilité constatée ne le méritait pas. En définitive, peu nombreux (33%) sont ceux qui n’engagent aucune démarche au motif que les forces de l’ordre seraient impuissantes. Même dans ce dernier cas, rares sont ceux qui incriminent un défaut d’action. Le manque d’effectifs, la charge administrative qui entrave la présence sur le terrain ou encore l’absence de suites judiciaires sont plus volontiers citées pour justifier de l’absence de signalement.
Interrogés plus spécifiquement sur l’action d’une police municipale, seules 17% des personnes interrogées la considèrent comme négative.
Fiscalité locale – La rupture
Des niveaux de fiscalité au-delà du seuil de tolérance
Les niveaux atteints par la fiscalité locale dépassent le seuil de tolérance pour une majorité de professionnels : 56% d’entre eux estiment que les services rendus ne sont pas à la hauteur des taxes acquittées.
De façon plus directe, dans un contexte économique global très tendu comme en témoignent les niveaux élevés de défaillances et de cessations volontaires d’activité, 80% des professionnels estiment que le niveau des taxes locales est incompatible avec la rentabilité de leur entreprise.
Une course à l’impôt local qui frappe des entreprises déjà fragilisées
Cette information est à mettre en lien avec les données de l’enquête SDI de janvier dernier où 60% des responsables de TPE indiquaient avoir constaté une baisse de leur marge nette en 2025 par rapport à 2024.
Les taxes locales qui pèsent le plus lourd dans les bilans sont la Taxe Foncière et la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises), deux taxes basées sur les valeurs locatives très dynamiques ces dernières années.
Un exemple dans le Jura : la CFE multipliée par 6 d’une année sur l’autre
Le SDI citera ainsi l’exemple d’une communauté de communes située dans le Jura sur le territoire de laquelle la CFE a été multipliée jusqu’à 6 entre 2024 et 2025.
Urbanisme – Comment survivre dans un désert commercial ?
56% des personnes interrogées constatent une détérioration de leur environnement commercial au cours du mandat municipal qui prend fin.
Dans le détail, la principale problématique évoquée est la fermeture des commerces alentours.
Ce constat de terrain rejoint les chiffres nationaux d’un taux de vacance commerciale moyen en centres-villes de 13% à 14%, soit de 30% à 40% supérieur au seuil d’alerte communément admis de 10%.
Au-delà de ce seuil, il est extrêmement difficile de reconstituer un environnement favorable au développement d’un écosystème commercial.
Les centres-villes sont confrontés à un cercle vicieux : moins il y a de commerces, moins il y a de consommateurs et donc moins nombreux sont les commerces qui viennent s’y implanter.
Dialogue économique local – Des décisions municipales largement subies
67% des personnes interrogées déclarent subir les décisions locales qui impactent leur activité.
Ce chiffre élevé démontre l’importance cruciale d’organiser une instance de dialogue pérenne entre les autorités locales et les commerces de proximité.
Dans l’absolu, ce rôle est dévolu aux chambres consulaires (chambres de commerce et des métiers), le cas échéant par l’intermédiaire du réseau des “Vitrines” en leur qualité d’associations de commerçants.
Il semble que ce système ne donne pas entière satisfaction,
Les sujets de l’accessibilité (stationnement, livraison), des plans de circulation et des travaux de voirie sont le plus souvent cités comme réalisés sans concertation.