Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) – 4 mars 2026
La hausse rapide du prix du gaz européen – d’environ 32 € à près de 60 €/MWh – ravive les inquiétudes pour les entreprises de proximité. Le Syndicat des Indépendants et des TPE appelle à des mesures immédiates pour protéger la trésorerie des petites entreprises et relance le débat sur la formation du prix de l’électricité en Europe.
Marc Sanchez, secrétaire général du SDI : « Dans un contexte de flambée des prix du gaz liée aux tensions internationales, la première menace pour les petites entreprises n’est pas seulement le prix de l’énergie : c’est le choc de trésorerie. Quand une TPE voit sa facture ou ses acomptes doubler du jour au lendemain, elle n’a souvent aucune capacité d’absorption. »
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations des routes d’approvisionnement énergétique font craindre un nouveau choc sur les prix de l’énergie en Europe. Le prix de référence du gaz européen (TTF) est ainsi passé en quelques jours d’environ 32 € à près de 60 € par mégawattheure, illustrant la forte sensibilité des marchés énergétiques aux crises géopolitiques.
Si cette hausse devait se prolonger, elle pourrait rapidement se transmettre aux factures d’énergie des entreprises.
Les entreprises de proximité en première ligne
Les TPE – commerçants, artisans, indépendants et professions libérales – sont particulièrement vulnérables à ce type de choc énergétique.
- des coûts énergétiques incompressibles dans de nombreuses activités (cuisson, froid, machines, ventilation) ;
- un pouvoir de négociation limité face aux fournisseurs d’énergie ;
- un risque immédiat de choc de trésorerie, notamment en cas de hausse brutale des acomptes ou des mensualités.
Pour de nombreuses petites entreprises, ce ne sont pas seulement les prix de l’énergie qui posent problème, mais la capacité à absorber une augmentation soudaine des charges.
Éviter un choc de trésorerie pour les TPE
Dans ce contexte, le SDI propose la mise en place d’un dispositif simple visant à protéger la trésorerie des entreprises de proximité si la crise énergétique devait se prolonger.
- le lissage des factures d’énergie à la demande des TPE afin d’éviter des hausses brutales de mensualités ;
- l’encadrement temporaire des appels d’acomptes demandés par les fournisseurs d’énergie ;
- la possibilité de report ou d’étalement ciblé des échéances fiscales pour les secteurs les plus exposés.
Ce dispositif, centré sur la protection immédiate de la trésorerie des petites entreprises, a été adressé par courrier ce jour au Ministre de l’économie et des finances M. Roland LESCURE et au Ministre des PME M. Serge PAPIN, afin d’anticiper les effets économiques d’une éventuelle prolongation de la crise énergétique.
Une réflexion à engager sur le marché européen de l’électricité
Aujourd’hui, le prix de l’électricité en Europe reste largement déterminé par celui du gaz en raison du mécanisme de formation du prix marginal. Ce système peut conduire à renchérir l’électricité y compris dans des pays, comme la France, dont une grande partie de la production repose sur des sources décarbonées et compétitives.
Marc Sanchez conclut : « La flambée actuelle du gaz rappelle une anomalie structurelle du marché européen de l’électricité : en Europe, le prix de l’électricité reste largement déterminé par celui du gaz. Cela pénalise des pays comme la France qui disposent d’une production largement décarbonée et compétitive. Il est temps que les négociations européennes avancent pour mieux refléter la réalité des coûts de production. »