À la veille du lancement du prêt « Boost carburants », le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) alerte sur une réponse inadaptée à la crise énergétique. En proposant de la dette aux entreprises, le gouvernement passe à côté de l’enjeu principal : le niveau des charges.
À compter de demain, le gouvernement lance officiellement le prêt « Boost carburants », destiné à soutenir la trésorerie des entreprises face à la hausse des coûts énergétiques.
Pour le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI), cette mesure constitue une réponse inadaptée à la situation actuelle.
« En France, on n’a pas de pétrole… mais on a des prêts », déclare Marc Sanchez, secrétaire général du SDI.
Si le SDI reconnaît l’existence d’une réponse dans un contexte budgétaire contraint, il estime que le dispositif repose sur un mauvais levier.
« Ce n’est pas une aide, c’est un prêt. Et nos entreprises ne demandent pas de s’endetter pour survivre, elles demandent de pouvoir travailler », poursuit-il.
Le dispositif proposé – prêt pouvant atteindre 50 000 euros, à un taux d’environ 3,8 %, sans garantie – permet au mieux de faire face à court terme à la hausse des coûts.
Mais pour le SDI, il ne règle pas le problème de fond.
« On transforme une crise de coûts en dette à rembourser. Une entreprise qui n’arrive pas à absorber ses charges aujourd’hui n’aura pas plus de capacité à rembourser demain », souligne Marc Sanchez.
Le SDI alerte également sur le décalage entre la réponse apportée et la réalité du terrain.
« Dans les faits, ce type de prêt sera utilisé uniquement par des entreprises déjà en difficulté, faute d’alternative », ajoute-t-il.
Face à cette situation, le SDI appelle à un changement de cap immédiat, fondé sur une réduction des charges pesant sur les entreprises.
Parmi les mesures proposées : la suspension temporaire des certificats d’économie d’énergie (CEE).
« Les TPE paient déjà la transition énergétique… alors qu’elles n’arrivent plus à payer leur énergie », rappelle Marc Sanchez.
Ces dispositifs représentent un coût indirect estimé entre 10 et 15 centimes par litre de carburant.
« Leur suspension permettrait une baisse immédiate des prix, sans créer de dette supplémentaire », insiste-t-il.
Pour le SDI, la priorité doit être donnée à des mesures simples, lisibles et immédiates.
« Une crise de coûts ne se règle pas avec de la dette », conclut Marc Sanchez.