Crise des TPE : un dirigeant sur deux se verse moins que le SMIC pour faire vivre son entreprise

Le baromètre du SDI confirme une dégradation durable de la situation économique et sociale des petites entreprises

Paris, le 1ᵉʳ juillet 2026 – Les chefs de très petites entreprises continuent de faire vivre leur activité, mais au prix de sacrifices personnels de plus en plus importants. Selon le baromètre du deuxième trimestre 2026 du Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI), 52 % des dirigeants déclarent aujourd’hui percevoir une rémunération inférieure au SMIC, un niveau en nette hausse par rapport au trimestre précédent (47 %). Derrière ce chiffre se dessine une réalité plus large : activité en recul, marges sous pression, crédit de trésorerie plus difficile à obtenir, moral en berne et inquiétudes croissantes quant à l’avenir.

Marc Sanchez, secrétaire général du SDI, déclare : « Les dirigeants de TPE sont devenus la variable d’ajustement de leur propre entreprise. Avant de licencier, avant de renoncer à investir, ils commencent par renoncer à leur propre rémunération. Depuis deux ans, ils absorbent les crises à titre personnel. Mais on ne peut pas demander indéfiniment aux entrepreneurs de faire vivre seuls leur entreprise »,

Une dégradation qui touche désormais tous les indicateurs : Le baromètre du SDI met en évidence une dégradation simultanée de l’ensemble des indicateurs économiques des TPE. Loin d’un simple ralentissement de l’activité, c’est désormais la capacité de résistance des petites entreprises qui s’érode trimestre après trimestre.

Les dirigeants, variable d’ajustement de leur entreprise : Plus d’un dirigeant sur deux (52 %) déclare percevoir une rémunération inférieure au SMIC, contre 47 % au trimestre précédent. Ce niveau, qui oscille structurellement autour de 50 % depuis deux ans sans amélioration durable, confirme que face aux difficultés économiques, les chefs d’entreprise préfèrent réduire leur propre revenu avant d’envisager des suppressions d’emplois ou une cessation d’activité.

L’activité ralentit, les marges se dégradent davantage encore : Au deuxième trimestre 2026, 65 % des dirigeants constatent une baisse de leur chiffre d’affaires, tandis que 70 % observent un recul de leur marge nette. Cet écart traduit une réalité préoccupante : les entreprises ne souffrent pas uniquement d’une baisse d’activité, elles gagnent également de moins en moins sur chaque euro de chiffre d’affaires réalisé.

Une trésorerie en apparence moins tendue, mais une vraie fausse bonne nouvelle : 50 % des dirigeants déclarent encore rencontrer des difficultés de trésorerie, dont 18 % des difficultés importantes. Si ce taux recule par rapport au trimestre précédent, il ne traduit en rien un retour à une situation saine : il reste comparable aux niveaux observés tout au long des deux dernières années, où la part des TPE concernées n’est jamais descendue sous 50 %.

Surtout, cette embellie en demi-teinte coïncide avec la dégradation marquée de la rémunération des dirigeants observée sur la même période. Le lien entre les deux évolutions est direct : si la pression sur la trésorerie des entreprises semble se relâcher, c’est avant tout parce que les dirigeants réduisent davantage leur propre rémunération pour la préserver. Ce n’est donc pas l’activité qui va mieux, c’est le dirigeant qui encaisse davantage le choc à titre personnel.

« La trésorerie respire un peu, mais c’est parce que les dirigeants arrêtent de respirer eux-mêmes », résume Marc Sanchez. « Ce ne sont pas les difficultés qui reculent, c’est le dernier amortisseur disponible (le revenu du chef d’entreprise) qui continue de s’épuiser. »

Un financement bancaire à deux vitesses : L’accès au crédit d’investissement demeure globalement préservé, avec un taux d’acceptation de 89 %. Les crédits de trésorerie, en revanche, restent nettement plus difficiles à obtenir : leur taux d’acceptation, certes remonté à 72 % ce trimestre, reste très inférieur aux 86 % enregistrés début 2024. Cette sélectivité bancaire s’accompagne d’un puissant phénomène d’autocensure : 28 % des dirigeants déclarent avoir abandonné au moins une demande de crédit au cours des six derniers mois par crainte d’un refus. Les TPE en capacité d’investir continuent donc d’être financées, tandis que celles qui ont besoin de liquidités pour leurs dépenses courantes rencontrent toujours davantage d’obstacles.

Un moral toujours profondément dégradé : Les difficultés économiques se traduisent directement dans l’état d’esprit des chefs d’entreprise. 91 % d’entre eux expriment aujourd’hui un sentiment négatif, dominé par l’inquiétude, le désabusement ou la colère. Les dirigeants se déclarant confiants ou optimistes ne représentent plus qu’une très faible minorité (4 % cumulés).

Plus d’un dirigeant sur trois envisage désormais de cesser son activité : 34 % des chefs d’entreprise déclarent envisager une cessation d’activité ou y penser sérieusement. Si cet indicateur recule légèrement par rapport aux 36 % du trimestre précédent, il reste deux fois supérieur au niveau enregistré fin 2024 (17 %) et témoigne d’un affaiblissement durable de la capacité des dirigeants à se projeter dans l’avenir.

L’embauche reste au point mort : Dans ce contexte, les perspectives de développement demeurent limitées. 87 % des TPE ne recherchent actuellement aucun salarié, confirmant que la priorité des dirigeants est aujourd’hui de préserver leur activité plutôt que d’investir dans sa croissance.

Une résilience qui a un coût : Pour le SDI, ces résultats traduisent moins une succession de difficultés conjoncturelles qu’un affaiblissement progressif des très petites entreprises françaises. Si les dirigeants continuent de tenir, c’est essentiellement grâce à des sacrifices personnels de plus en plus importants. Derrière la résilience apparente des TPE se cache une réalité plus préoccupante : celle de chefs d’entreprise qui financent eux-mêmes, par la baisse de leur propre rémunération, la survie de leur activité. Cette situation ne pourra pas durer indéfiniment.

À propos du baromètre

Le baromètre du SDI a été réalisé du 23 au 29 juin 2026 auprès de 1 076 dirigeants de TPE, adhérents du Syndicat des Indépendants et des TPE.

Contact presse : ADVOCACIZ
Alexandra Richert – 06.08.77.86.22 | Ambre Fourneau – 06.44.39.89.25

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