Le pouvoir d’achat recule : selon l’INSEE, il a baissé de 0,7 % au premier semestre 2026. Les salaires progressent, mais moins vite que l’inflation, tandis que les impôts et cotisations ont encore augmenté au T2.
Dans une économie quasi stagnante, augmenter fortement les salaires paraît difficile. D’où l’idée, avancée par plusieurs formations politiques, d’augmenter la TVA pour financer une baisse des cotisations salariales et accroître le salaire net.
Mais qui gagnerait réellement ? En 2019, l’INSEE estimait qu’un passage de la TVA normale de 20 % à 23 % provoquerait environ 1,1 point d’inflation la première année. La baisse maximum des cotisations salariales serait de 2%, soit un gain net de 0,9% sur la fiche paie.
Surtout, la mesure serait inégalitaire. Les ménages modestes, qui consomment l’essentiel de leurs revenus, subiraient davantage la hausse des prix que ceux qui peuvent épargner. Les retraités paieraient la TVA sans bénéficier d’aucune baisse de cotisations salariales. Pour les indépendants, par hypothèse non soumis à des cotisations « salariales », l’impact reste incertain.
Enfin, les entreprises employeuses n’en retireraient aucun allègement : les cotisations patronales resteraient inchangées.
Cette réforme relève donc d’une politique de la demande. Or les TPE ont d’abord besoin d’une politique de l’offre : moins de charges pour investir, embaucher, produire et mieux rémunérer.