Paris, le 22 septembre 2026 – À l’issue des annonces du Gouvernement destinées à répondre à la nouvelle flambée des prix des carburants, le SDI constate que l’exécutif persiste dans une logique qui ne répond pas au problème essentiel rencontré par les TPE : le prix payé à la pompe. Dispositifs ciblés, critères d’éligibilité, guichets, mécanismes de compensation ou de financement : à une crise de prix, le Gouvernement répond encore par une politique de guichets.
Marc Sanchez, secrétaire général du SDI, déclare : « À une crise de prix, le Gouvernement répond par des guichets et de la dette. Proposer à une TPE de s’endetter pour payer son carburant plus cher n’est pas une solution : c’est repousser le problème de quelques mois. Les entreprises ont besoin d’une mesure immédiatement visible à la pompe, pas d’une nouvelle dette à rembourser demain. Quand elles renoncent déjà à recruter, reportent leurs investissements et manquent de visibilité, il faut agir directement sur leurs coûts. »
Pour les artisans, commerçants, professionnels des services et indépendants dont le véhicule est un outil de travail, le carburant n’est pourtant pas une dépense facultative. Chaque hausse se traduit immédiatement par une diminution de leur marge et une nouvelle tension sur leur trésorerie.
LE PRÊT FLASH : S’ENDETTER POUR PAYER SON CARBURANT ?
Le maintien du Prêt Flash Carburant de Bpifrance illustre, pour le SDI, les limites de la réponse gouvernementale : proposer de la dette à des entreprises confrontées à une hausse durable de leurs coûts ne fait pas baisser leur facture. Un prêt peut répondre à une difficulté ponctuelle de trésorerie. Il devra néanmoins être remboursé, avec intérêts. Les TPE ne demandent pas qu’on leur prête de l’argent pour payer leur carburant plus cher. Elles demandent qu’on agisse sur le prix.
UNE PRIME CARBURANT… À CONDITION D’AVOIR LES MOYENS DE LA VERSER
La possibilité pour les entreprises de verser une prime carburant défiscalisée pouvant atteindre 1 000 euros laisse également le SDI dubitatif. Encore faut-il disposer de la trésorerie nécessaire pour la verser. Pour une TPE qui reporte déjà ses investissements ou renonce à recruter faute de visibilité, présenter comme un soutien la possibilité de dépenser davantage relève du paradoxe. Une prime facultative ne remplace pas une baisse du coût supporté par l’entreprise.
POURQUOI ÉCARTER UNE ACTION DIRECTE SUR LE PRIX ?
Le SDI regrette à ce titre que le Gouvernement n’ait pas retenu une action sur les certificats d’économies d’énergie (CEE) et, plus largement, sur les différentes composantes du prix des carburants. Nous ne contestons ni les objectifs de transition énergétique ni la nécessité de leur financement. Mais dans une situation exceptionnelle de flambée des prix, aucun mécanisme ne devrait être considéré comme intangible lorsque des milliers de petites entreprises voient leurs marges amputées par un coût sur lequel elles n’ont aucune prise.
Plutôt que de multiplier les catégories, les conditions d’accès, les demandes et les mécanismes de financement, le SDI demande une mesure simple, immédiate et directement perceptible à la pompe pour les professionnels dont le véhicule constitue un outil indispensable à leur activité. Quand le problème est le prix du carburant, la priorité doit être de faire baisser le prix du carburant. Pas d’organiser le financement de sa hausse.
LES CHIFFRES
Prêt Flash Carburant Bpifrance — bilan gouvernemental publié le 3 juin 2026 :
- 9 500 dossiers déposés au total
- 14 M€ de dossiers financés
- 22 M€ de dossiers encore à l’étude
- Dossiers en instruction : 70 % transporteurs, 20 % agriculteurs, 10 % BTP, environ 0,1 % pêcheurs
Le Prêt Flash est compris entre 5 000 € et 50 000 €, sur 36 mois, avec 12 mois de différé d’amortissement du capital et un taux d’intérêt de 3,8 %. Il est accordé sans sûreté personnelle ou réelle.
Sources :
– Ministère de l’Économie et des Finances, Hausse des prix des carburants : le point complet sur les dispositifs de soutien aux professionnels et aux ménages, 3 juin 2026.
– Bpifrance, Lancement du Prêt Flash Carburant, 13 avril 2026.
2 réponses
La politique carburant en France est scandaleuse moi j’ai une petite PME avec deux techniciens en tournée à domicile clients sur le s départements 30-34-11-66
A ce jour je n’ai droit à rien la facture carburant a subi une forte hausse les clients ont toujours besoin d’être dépanné mais ce n’est pas à eux de subir cette hausse non car dans mon cas je ne peux facturer des suppléments car je travaille pour des groupes qui pratiquent une facturation d’intervention fixe sans tenir compte des aléas économiques non plus.
A part vouloir que les petites entreprises ferment je ne comprend pas comment un Etat comme le nôtre ne fait rien pour les petites structures et il va de soi que faire un prêt est carrément inadmissible et pas dans la possibilité de tout le monde
clairement c’est du vol, on nous demande de maintenir les commerces de proximité dans les petites villes avec des livraisons dans les villages qui n’ont plus de de commerces, et derrière on nous assassine avec le prix du carburant. Je dis quoi aux particuliers que je livre quand il ne peuvent pas se déplacer dans notre commerce, « la baguette passe à 3 euros entre le prix du carburant et les différentes hausses de matières premières sans parler des charges divers et variées. Le nombre de boulangerie qui ferme dans notre pays n’a jamais été aussi haut.