Avec son prêt “Boost carburants”, le gouvernement apporte une réponse à la crise énergétique … en demandant aux TPE de s’endetter. Pour le Syndicat des Indépendants (SDI) et des TPE, son secrétaire général, Marc Sanchez, dénonce un choix qui fait porter le coût de la crise sur les plus fragiles.
Face à la flambée des coûts énergétiques, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un prêt “Boost carburants”, opéré par Bpifrance, pouvant atteindre 50 000 euros afin de soutenir la trésorerie des très petites entreprises (TPE).
Pour le Syndicat des Indépendants (SDI), la réponse apportée appelle une réaction claire.
« Aujourd’hui, on dit aux TPE : vous subissez une explosion de vos coûts… et la solution, c’est de vous endetter. C’est une logique profondément injuste et économiquement risquée », déclare Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des Indépendants et des TPE.
Si le SDI prend acte de l’existence d’une réponse dans un contexte budgétaire contraint, Marc Sanchez estime que le dispositif repose sur un mauvais diagnostic.
« Une crise subie ne peut pas être financée à crédit. Sinon, on ne résout rien : on prépare la prochaine difficulté », poursuit-il.
En privilégiant un outil de dette, le gouvernement transforme un choc immédiat en contrainte future, au moment même où les TPE font face à une dégradation rapide de leurs marges et de leur trésorerie.
« Ce prêt peut donner l’illusion d’une bouffée d’oxygène. En réalité, c’est un ballon d’oxygène… avec une facture différée », alerte Marc Sanchez.
Le SDI met en garde contre un effet en chaîne : des entreprises qui tiennent quelques mois grâce à l’endettement, avant de se retrouver confrontées à une double contrainte — des coûts toujours élevés et des remboursements à honorer.
« On ne sauve pas une entreprise en lui prêtant de quoi perdre de l’argent plus longtemps », souligne Marc Sanchez.
Par ailleurs, le secrétaire général du SDI pointe un angle mort majeur : l’absence de réponse globale pour les TPE de proximité — commerçants, artisans, indépendants — pourtant directement exposées à la hausse des coûts énergétiques.
« Les TPE encaissent le choc, faute de pouvoir le transmettre. Mais elles ne peuvent pas l’encaisser indéfiniment », insiste-t-il.
Le SDI appelle à un changement de cap rapide, fondé sur des mesures ciblant directement les charges :
- Allègement immédiat des factures énergétiques
- Dispositifs automatiques d’étalement des paiements
- Mesures ciblées sur les charges sociales et fiscales
« Le problème n’est pas l’absence de réponse. Le problème, c’est que cette réponse fait porter le poids de la crise sur ceux qui ont le moins de capacité à y faire face », conclut Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des Indépendants et des TPE.