MANIFESTATIONS : LE SDI SOUTIENT LES INITIATIVES D’INTERDICTION DES CORTÈGES DANS LES CENTRES-VILLES COMMERÇANTS ET APPELLE À LEUR EXTENSION

Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des Indépendants

« Nous sommes profondément attachés au droit de manifester. Mais ce droit doit pouvoir s’exercer sans mettre en danger la sécurité des commerçants, de leurs salariés et de leurs clients.

Les violences et les pillages du week-end dernier ont mis en évidence les défaillances de l’État dans sa mission de protection des personnes et des biens. Cette incapacité à prévenir et à contenir les débordements a profondément ébranlé la confiance des commerçants dans les dispositifs de sécurité. Comment leur demander aujourd’hui de reprendre sereinement leur activité alors qu’ils redoutent, à chaque nouvelle manifestation, de revivre les mêmes scènes ?

On ne peut pas leur demander de travailler toute la semaine et de se préparer à barricader leur boutique chaque samedi.

C’est précisément parce que l’État n’a pas été en mesure d’assurer leur protection que le SDI soutient les initiatives engagées à Bordeaux et à Rouen et demande leur extension aux autres villes exposées. Interdire temporairement les cortèges dans certains secteurs commerçants, lorsque les risques le justifient, ce n’est pas remettre en cause le droit de manifester. C’est tirer les conséquences des événements et faire preuve de responsabilité.

La responsabilité de l’État ne peut pas se limiter à indemniser les dégâts après les violences. Elle consiste d’abord à garantir que celles-ci ne se reproduisent pas. »

Des commerçants traumatisés, une activité économique fragilisée

Après les violences, les pillages et les dégradations qui ont frappé de nombreux commerces lors des manifestations du 17 octobre, le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) appelle les pouvoirs publics à tirer les conséquences de ces événements pour prévenir de nouveaux débordements.

À Bordeaux, 81 commerces ont été directement touchés par les violences, dont 38 victimes de vandalisme et de pillages. À Rouen et Elbeuf, une trentaine d’enseignes ont subi des dégradations. [1] [2]

Au-delà des dégâts matériels, ces événements ont laissé des commerçants et leurs salariés profondément choqués.

Aux pertes de chiffre d’affaires s’ajoutent les fermetures contraintes, les coûts de remise en état, les incertitudes sur les indemnisations et désormais la crainte de nouveaux débordements.

Pour des TPE déjà confrontées à une consommation dégradée et à des trésoreries sous tension, chaque nouvelle journée de fermeture ou de paralysie commerciale peut compromettre davantage leur pérennité.

Le SDI soutient les initiatives de Bordeaux et Rouen et appelle à leur extension

À Bordeaux comme à Rouen, les élus locaux et les représentants des commerçants ont engagé des démarches visant à préserver les centres-villes commerçants lors des prochaines manifestations. [1] [2]

Le SDI soutient ces initiatives et appelle les préfets à examiner des mesures similaires dans les villes particulièrement exposées, dès les prochaines manifestations du 24 octobre.

Il demande que soient privilégiés des itinéraires alternatifs et, lorsque les risques de troubles graves à l’ordre public le justifient, des restrictions temporaires et ciblées des cortèges dans les secteurs commerçants.

Concilier liberté de manifester et protection des commerces

Le SDI réaffirme son attachement au droit de manifester, liberté fondamentale de notre démocratie.

Mais son exercice doit pouvoir se concilier avec la sécurité des personnes, la protection des biens et la continuité de l’activité économique.

Écarter temporairement les cortèges des secteurs commerçants particulièrement exposés, lorsque les circonstances le justifient, ne signifie pas remettre en cause le droit de manifester.

Il s’agit de rechercher un équilibre entre l’exercice des libertés publiques et la protection des commerçants, de leurs salariés et de leurs clients.

Anticiper les violences plutôt que réparer les dégâts

Les mesures d’accompagnement annoncées pour les commerces sinistrés sont nécessaires. Elles ne peuvent cependant constituer l’unique réponse des pouvoirs publics.

Après les événements du 17 octobre, la priorité doit également être donnée à la prévention, afin d’éviter que les mêmes commerçants soient de nouveau exposés aux violences et aux pillages.

Le SDI appelle l’État à intégrer pleinement la protection des centres-villes commerçants dans la préparation des prochaines mobilisations, en concertation avec les élus locaux et les organisateurs.

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SOURCES ET RÉFÉRENCES

[1] Bordeaux — 20 et 21 octobre 2026

À la suite d’une réunion avec les représentants des commerçants, la préfète de Gironde, Sophie Brocas, a souhaité négocier un parcours évitant l’hypercentre commerçant pour la manifestation du 24 octobre. Cette orientation est soutenue par le maire, Thomas Cazenave.

Source : ⁠Bouger à Bordeaux — Mobilisation du 24 octobre : la préfecture veut préserver l’hypercentre

[2] Rouen — 19 et 20 octobre 2026

Le maire Nicolas Mayer-Rossignol et les représentants des commerçants ont demandé l’examen de restrictions des manifestations dans le centre-ville.

Sources : ⁠Le Parisien — Mairie et commerçants favorables à l’interdiction des manifestations au centre-ville

⁠InfoNormandie — Des interdictions de manifester à l’étude

[3] Cadre juridique

L’article L.211-4 du Code de la sécurité intérieure permet à l’autorité compétente d’interdire une manifestation susceptible de troubler l’ordre public, sous réserve du respect des exigences de nécessité et de proportionnalité.

Source : ⁠Légifrance — Article L.211-4 du Code de la sécurité intérieure

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