Le SDI appelle à refaire de l’apprentissage une priorité nationale plutôt qu’une variable d’ajustement budgétaire
Paris, le 7 octobre 2026 – Le mouvement lycéen qui traverse aujourd’hui la France exprime des revendications sur les conditions d’enseignement, mais aussi une inquiétude plus profonde : celle d’une génération qui doute de plus en plus de sa capacité à trouver sa place demain.
Le SDI considère que cette inquiétude doit être entendue.
Le chômage des 15-24 ans atteint désormais 21,6 %, en hausse de 2,5 points en un an. Dans le même temps, de nombreuses TPE continuent à rencontrer des difficultés pour recruter et former les compétences dont elles ont besoin.
Entre les deux, il existe pourtant un dispositif qui a largement démontré son utilité : l’apprentissage.
En 2024, près de 890 000 nouveaux contrats d’apprentissage ont été engagés. 44 % l’ont été dans des entreprises de moins de dix salariés.
Les résultats en matière d’insertion sont également très concrets : parmi les jeunes sortant d’un apprentissage de niveau CAP à BTS et ne poursuivant pas leurs études, 62 % occupent un emploi salarié six mois plus tard. Deux ans après leur sortie, ils sont 73 %.
Pourtant, les économies engagées sur l’apprentissage se poursuivent.
Les crédits consacrés aux aides à l’embauche d’apprentis ont diminué de 31 % entre les budgets 2025 et 2026. Depuis mars 2026, pour une entreprise de moins de 250 salariés, l’aide à l’embauche n’est plus que de 4 500 euros pour un jeune préparant un diplôme jusqu’à bac+2 et de 2 000 euros à partir de bac+3.
Pour une grande entreprise, ces montants peuvent être absorbables. Pour une TPE qui hésite à recruter, chaque millier d’euros compte.
« Quand des lycéens disent aujourd’hui qu’ils s’inquiètent de leur avenir, nous devons les entendre au-delà de la seule question des moyens de l’Éducation nationale. Leur avenir, c’est aussi leur capacité à entrer demain dans une entreprise, apprendre un métier et vivre de leur travail », souligne Marc Sanchez, secrétaire général du SDI.
Le SDI ne considère pas que toute dépense consacrée à l’apprentissage doive être sanctuarisée ni que le système ne puisse pas être mieux ciblé. L’argent public doit prioritairement aller vers les formations qui conduisent réellement à l’emploi et vers les entreprises qui jouent effectivement leur rôle de formation.
Marc Sanchez poursuit : « faire des économies indifférenciées sur l’apprentissage au moment où le chômage des jeunes remonte constitue un mauvais calcul.
La France est confrontée à une situation paradoxale : des jeunes cherchent leur avenir professionnel pendant que des entreprises cherchent des salariés ».
Il est surtout incohérent de réduire les moyens permettant aux entreprises de former et recruter des jeunes en France, puis de chercher à renchérir le coût du recrutement lorsque, faute de candidats, elles se tournent vers d’autres viviers de main-d’œuvre.
Avant d’ajouter de nouvelles contraintes au recrutement, il faut donc agir sur ce qui empêche aujourd’hui la rencontre entre les emplois disponibles et ceux qui pourraient les occuper : formation, orientation, mobilité, attractivité et rémunération des métiers.
Le SDI appelle à préserver prioritairement les aides à l’apprentissage dans les TPE et PME, à mieux les cibler vers les métiers qui recrutent et à renforcer les passerelles entre lycées, CFA et entreprises locales.