Le ministre des TPE, Serge Papin, a annoncé la suspension, à compter du 1ᵉʳ juillet, de la taxe française de 2 euros sur les petits colis extra-européens.
Cette décision interviendra avec l’entrée en vigueur d’un droit de douane européen de 3 euros, avant l’application annoncée d’une taxe supplémentaire de 2 euros en novembre.
Mise en place en mars dernier pour protéger le commerce de proximité, la taxe française constituait une mauvaise réponse à un problème réel. Facilement contournable, elle a conduit les plateformes asiatiques à détourner près de 90 % de leurs flux vers d’autres hubs européens, notamment en Belgique, sans réduire les volumes livrés en France.
Elle a donc pénalisé la logistique française sans freiner Shein, Temu et les autres plateformes extra-européennes.
Malgré les alertes du SDI, le gouvernement avait maintenu ce dispositif. Sa suspension corrige cette erreur, mais ne constitue pas une victoire en soi.
Marc Sanchez, Secrétaire général du SDI, déclare :
« Les plateformes chinoises se sont d’ores et déjà organisées pour éviter les taxes sur les petits colis aux frontières de l’Europe par la construction d’immenses entrepôts sur le sol européen.
Notre réaction doit être claire : mettre fin à une concurrence déloyale qui fragilise nos artisans, nos commerçants et nos TPE.
Nous devons en conséquence imposer les mêmes normes et responsabilités pour tous les acteurs qui vendent sur notre marché, à fiscalité et charges équivalentes.
Lorsqu’une plateforme ne respecte pas nos règles sanitaires, environnementales ou d’information et de sécurité des consommateurs, la sanction doit être l’interdiction de son accès au marché européen. »