Salariés étrangers : une taxe de plus ne résoudra pas les difficultés de recrutement

Paris, le 7 octobre 2026 – La proposition du Rassemblement National d’instaurer une contribution annuelle de 1 000 euros pour l’emploi de certains salariés étrangers part d’une question légitime : comment mobiliser prioritairement les personnes déjà disponibles sur le marché du travail français ?

Pour le SDI, l’objectif peut s’entendre. La réponse fiscale, beaucoup moins.

Le recrutement d’un salarié extra-communautaire soumis à autorisation de travail est déjà encadré. Dans le cas général, le poste doit notamment relever d’un métier en tension ou avoir fait l’objet d’une offre publiée pendant trois semaines sans candidature permettant de le pourvoir.

L’employeur est par ailleurs déjà susceptible d’acquitter une taxe spécifique lors de la première admission au séjour pour travailler. Pour un contrat d’au moins douze mois, elle représente 55 % d’un mois de salaire brut dans la limite du plafond réglementaire, soit par exemple 1 100 euros pour un salaire de 2 000 euros brut.

Dès lors, lorsqu’une TPE ne trouve pas de candidat, respecte les procédures et obtient de l’État l’autorisation de recruter des salariés étrangers, que résout une nouvelle taxe annuelle de 1 000 euros ?

Elle ne formera aucun demandeur d’emploi. Elle n’améliorera ni la mobilité, ni l’orientation, ni l’attractivité des métiers en tension. Et elle ne fera apparaître aucun candidat là où l’entreprise n’en trouve déjà pas.

« Nous avons en France un réflexe trop fréquent : à une difficulté, répondre par une taxe. Or le véritable problème est de comprendre pourquoi nous avons simultanément des personnes à la recherche d’un emploi et des entreprises qui ne parviennent pas à recruter », souligne Marc Sanchez, secrétaire général du SDI.

Pour le SDI, la priorité doit être de mieux rapprocher demandeurs d’emploi et entreprises, d’adapter la formation aux besoins réels et de renforcer l’attractivité des métiers en tension.

« Mobilisons en priorité les personnes disponibles sur notre marché du travail. Mais lorsqu’une entreprise ne trouve pas, respecte les règles et obtient l’autorisation de recruter, ne la pénalisons pas ensuite parce qu’elle a réussi à pourvoir son poste. Une taxe ne crée pas un salarié là où l’entreprise n’arrive déjà pas à recruter. »

Sources :

  • Code du travail, art. R. 5221-20 – Conditions de délivrance de l’autorisation de travail : métiers en tension ou publication préalable de l’offre pendant trois semaines sans candidature répondant aux caractéristiques du poste ; obligations de l’employeur et conditions de rémunération. Source : Légifrance.
  • Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA), art. L. 436-10 – Taxe due par l’employeur lors de la première admission au séjour pour l’exercice d’une activité professionnelle salariée soumise à autorisation de travail. Pour un contrat d’au moins 12 mois : 55 % du salaire brut mensuel, dans la limite de 2,5 SMIC. Source : Légifrance.
  • « Autorisation de travail d’un salarié étranger en France » – Montants 2026 de la taxe employeur : pour un contrat d’au moins 12 mois, 55 % du salaire mensuel brut, dans la limite de 2 567,15 €. Source : Service-Public.fr.
  • « Comment Marine Le Pen veut instaurer la préférence nationale dans le secteur privé ». Source : Le Monde

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